Mêmes collines, un autre homme

Poľná cesta s výhľadom na Tatry v okolí Skalky pri Medvedzí, máj 2017.

C'est venu comme ça, en passant, pendant l'entraînement. Mino a dit quelque chose comme : ce soir, on va se promener sur la Skalka. Comme si c'était un détail sans importance.

Je n'étais monté sur aucune colline depuis la fin de l'école. Ni sur la Skalka, ni ailleurs. Je ne pouvais pas imaginer ce que ça signifierait, à quel point ce serait dur. Mais j'avais une petite idée — c'est pour ça que je n'en avais pas trop envie. J'y suis allé quand même.

La Skalka, près de Medvedzie, est une petite colline au pied du Javorový vrch. Même des enfants y montent lors d'une promenade dominicale. Quand nous sommes arrivés, j'en avais assez. Je voulais faire demi-tour. Mino a juste dit : viens encore un peu. Et j'y suis allé — mais vraiment, juste un peu.

Ça n'en a pas l'air. C'est une colline ordinaire, aucune montagne, aucun exploit dont on pourrait parler. Mais c'est exactement ce qui montre dans quel désespoir je vivais à l'époque. À quel point j'étais complètement perdu — dans un corps qui ne voulait pas m'obéir, et dans une tête incapable d'imaginer que les choses puissent être différentes. C'est de ça, et de bien plus encore, que parle toute la première moitié du livre.

Le premier relevé de la balance connectée que j'avais achetée à l'époque date du 9 novembre 2017 : 106,5 kg. Entre ce soir-là sur la Skalka et ce chiffre, il y a six mois de labeur.

Ce labeur ne se résume pas en une phrase sur le progrès. C'était une série de soirées où je n'avais pas envie d'y aller, et j'y suis allé. Exactement comme la première.